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Wall Street face au syndrome du CAPEX : les investissements massifs en IA des hyperscalers sont-ils soutenables ? Analyse des défis et limites

Wall Street et le “syndrome du CAPEX” : un mal incurable !

La saison des publications annuelles bat son plein… Chaque société y va de son annonce : Beaucoup de bonnes surprises, quelques mauvaises. Rien de vraiment anormal, finalement, au pays de la finance et de l’argent roi !

Un élément est / était malgré tout particulièrement attendu et scruté / craint par le marché : les prévisions de CAPEX des hyperscalers !

Et ce dernier n’a vraiment pas été déçu à ce niveau-là, puisque les annonces sont tout bonnement explosives… Et même plutôt inattendues, dans leurs proportions. C’est dire que pour réussir à mettre Wall Street sur le c**, il ne faut pas y aller de main morte :

▫️Meta : entre 115 et 135 milliards $ (entre 64% et 92% de plus qu’en 2025)

▫️Alphabet : entre 175 et 185 milliards $ (x2 environ par rapport à 2025 et 50% de plus que les prévisions du marché)

▫️Microsoft : Le marché s’attend à 103 milliards $ en 2026 (+64%)

Ces CAPEX ayant bien évidemment pour but de poursuivre le développement de l’IA… Une véritable course à laquelle s’adonnent ces géants mondiaux (et bien d’autres également), afin d’avoir la plus grosse (capacité de calcul 😇) !

Et donc où est le problème ?
En réalité, le problème est à la fois simple et insoluble. Tout d’abord, les dépenses explosent littéralement, mais les revenus ne suivent pas le rythme…

Bien sûr, ils augmentent. Ce qui est quand même la moindre des choses quand chaque acteur claque le PIB du Luxembourg ou de la Serbie (100 milliards $) en investissements -principalement IA- en 2025, et que certains vont même viser le PIB du Maroc (180milliards $) en 2026.

Le marché est compréhensif (et aveuglé par les milliards de revenus / bénéfices) qui lui sont promis, mais à un moment donné, il risque de tiquer quand il se rendra compte que 90 milliards $ d’investissements supplémentaires ne rapportent au final que 28 milliards $ de bénéfices en plus (prévisions 2026 de Alphabet).

Bien sûr, sur le plan technologique, l’IA se doit d’être considérée sur du (très) long terme. Et je n’ai guère de doutes quant au fait qu’à horizon 10 ou 20 ans, les investissements IA réalisés aujourd’hui et demain seront très largement rentabilisés !
Mais le marché, lui, a besoin de sa dose de cash et de bénéfices à court / moyen terme pour continuer d’accepter de financer le bébé.

Ensuite, second point : la fuite en avant… Depuis plusieurs années, les montants déjà engagés dans le développement de l’IA sont colossaux (plusieurs centaines de milliards $).

Aussi, au regard de ces sommes, les hyperscalers et autres acteurs ne peuvent, aujourd’hui, plus se permettre de faire marche arrière. Sans quoi cela reviendrait à acter que les investissements passés étaient, au mieux, complètement déconnectée de la réalité et, au pire, une erreur.

Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre des justifications, les acteurs IA (et le marché dans sa globalité, tellement celui-ci est dépendant de la thématique “IA”) s’éfondreraient en bourse.

Une “boulette” à plusieurs centaines de milliards $, ça laisserait inévitablement des traces. Lesquelles seraient tout aussi douloureuses que profondes…

Pourquoi ce “syndrome des CAPEX” serait néanmoins “incurable” ?
Tout simplement parce que les acteurs de l’IA (les hyperscalers en tête) sont engagés dans une véritable fuite en avant, de laquelle ils ne peuvent pas / plus s’extirper !

Ils n’ont d’autre choix que de continuer à investir (toujours plus), dans l’espoir que la rencontre entre “investissements massifs” et “bénéfices à la hauteur” finisse par se produire rapidement, tout en espérant que cela “matche” entre eux !

Si tel ne devait pas être le cas, le marché finirait alors par réellement sanctionner les niveaux d’investissements atteints et engagés par les différents acteurs.

N’est-ce pas crédible de pouvoir penser que cette “rencontre” se fera, et sera un succès ?
Pas vraiment (selon moi)… Parce que la croissance possible de l’IA (aussi bien celle anticipée que celle nécessaire pour continuer de justifier les investissements massifs) n’est pas illimitée !

De plus en plus, elle fait face à des difficultés d’approvisionnement, voir même à des pénuries. Tout d’abord au niveau des composants… Puis, de plus en plus de craintes (alimentées par des signaux forts) naissent au sujet de l’approvisionnement électrique. Tant pour ce qui est de la production que du transport de l’énergie produite.

Ainsi, imaginer qu’une technologie numérique, techniquement reproductible ( = scalable) à l’infini dans son utilisation puisse croître à l’infini dans un monde physique fini, relève juste de la croyance !

Si on peut espérer, d’ici 5 à 10 ans, l’arrivée sur le marché de nouvelles technologies nucléaires (les SMR) à même de combler une bonne partie des besoins de production, le problème du transport des électrons ne sera pas pour autant résolu. Car il faudra bien plus de temps (et de moyens) pour mettre les réseaux à l’échelle.

On peut aussi évoquer le nouvel objectif d’Elon Musk, qui est de placer les Data Centers en orbit terrestre. Peut-être est-ce là une solution, effectivement. Mais une fois encore, cela ne règlera rien (dans le meilleur des cas) avant encore plusieurs années, alors même que les besoins sont immédiats / à court terme.

Le seul véritable échappatoire serait que les revenus liés à l’IA explosent littéralement ( = à hauteur des investissements consentis) dans les mois qui viennent et parviennent ainsi à convaincre le marché que les CAPEX sont justifiés à court / moyen terme.

Mais comme évoqué précédemment, les limites physiques auxquelles se heurtent déja / vont se heurter les acteurs de l’IA rend cette éventualité assez difficilement envisageable.

Aussi, à mon sens, les revenus de l’IA ne décolleront vraiment qu’une fois que celle-ci aura fait ses preuves en tant “qu’intelligence” à part entière, et non pas en tant “qu’assistant de luxe”.

Ce qui ne sera le cas que lorsque les technologies de robots humanoïdes autonomes deviendront grand public et qu’il en sera de même pour le secteur automobile (véhicules totalement autonomes).

Je veux dire par-là que caser une Pub pour les crackers de Belin, le pâté Hénaff ou le Coca Zéro au milieu d’un questionnement utilisateur sur la meilleure façon de se brosser les dents avec une brosse à dents électrique 4k 2000 tours minutes, ne sera pas une solution au problème…

Mais pourquoi [es-tu] si méchant ?
Alors non : Les (vieilles) Pubs Orangina ne feront pas mieux que celles évoquées précédemment !

Trève de plaisanteries… Il n’est pas question, ici, d’être défaitiste ou quoi que ce soit, mais juste réaliste ! Je suis profondément convaincu que l’IA est une véritable Révolution et que nous n’en sommes à ses prémmisces.

Néanmoins, et c’est le constat que je fais à titre purement personnel, le chemin est encore très long avant que l’IA ne dévoile réellement toutes ses capacités. Cela demandera encore de nombreuses années, et ça ira infiniment plus loin que ce que nous connaissons aujourd’hui. Probablement ne pouvons nous pas encore imaginer tout ce qui nous attend !

Il n’en reste pas moins que la trajectoire actuelle empruntée par l’Industrie de l’IA ne me semble pas être la bonne. Ce qui, paradoxalement est une excellente chose…

Tout comme internet en son temps, une première phase d’euphorie (dans laquelle nous sommes clairement) laissera place à une phase de doutes et de craintes majeures (nous n’en sommes peut-être plus très loin). Un mal nécessaire afin de purger les premiers excès… Avant, finalement, que tout ne reparte comme en 40, avec, cette fois, la véritable envolée technologique et financière (nous n’y sommes pas encore).

En attendant, Wall Street se trouve donc bien en plein “syndrome du CAPEX”, et ne dispose d’aucune solution réaliste pour se sortir de cette spirale infernale…

Article original oublié sur X :
https://x.com/i/status/2019292660435931589

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