LDLC, j’y achète mon matos depuis 10 ans. Voilà pourquoi j’ai regardé l’action de près.
Il y a des boîtes que tu connais avant de les avoir cherchées en bourse. LDLC, c’est ça pour moi. Mon premier SSD, mes barrettes de RAM, un écran 144Hz que j’avais mis trois semaines à choisir, tout est passé par leur site. Alors quand j’ai commencé à m’intéresser à leurs chiffres en tant qu’investisseur, j’avais déjà une opinion. Pas forcément objective, mais réelle.
Et c’est souvent là que ça commence, non ? On investit dans ce qu’on comprend.
Ce qui m’a frappé en creusant, c’est l’écart entre ce que je vis en tant que client et ce que racontent les bilans. Côté expérience : le site est propre, les fiches produits sont sérieuses, le SAV satisfaisant. Il y a une vraie culture du geek, un truc qu’on ne retrouve pas chez Amazon où tu achètes une carte graphique entre deux chaussettes et un livre de cuisine. LDLC, ça reste un endroit où les gens qui vendent savent ce qu’ils vendent.
Mais côté finances, l’exercice 2024-2025 a été douloureux. C.A. en recul, perte nette à presque 11 millions. La boîte a morflé, clairement. Et ça se voyait un peu sur leur communication aussi, moins de promos agressives, moins de bruit.
Sauf que depuis, quelque chose a changé.
Les trois derniers trimestres affichent une croissance régulière. Le S1 2025-2026 renoue avec les bénéfices. Pas d’euphorie, juste une boîte qui a arrêté de saigner et qui reprend de la couleur. Ce n’est pas anodin quand on vient de là où ils venaient.
La vraie question — celle que je me pose en tant que client qu’en tant qu’investisseur. C’est si LDLC peut exister durablement dans un marché où Amazon et Cdiscount sont sur chaque requête Google. Leur pari, c’est la spécialisation. Le conseil, le contenu, la communauté tech. C’est un positionnement viable. Mais étroit. Et ça demande d’exécuter parfaitement.
Le titre traîne en micro-cap avec une volatilité qui fait peur. Ce n’est pas une valeur de père de famille.
Mais pour quelqu’un qui a grandi à commander ses composants chez eux un vendredi soir, il y a quelque chose d’un peu particulier à regarder leur cours de bourse rebondir depuis les abysses.
On verra si la marque tient ses promesses mieux que le cours.