Investir en Bourse avec des contraintes éthiques : comment je filtre mes actions ?
J’aurais pu ignorer la question et acheter les actions les plus rentables du marché, point.
Mais à un moment, j’ai réalisé que je ne voulais pas financer n’importe quoi avec mon argent. Pas par militantisme. Juste par cohérence personnelle.
Résultat : j’ai dû construire mes propres filtres. Voilà comment je fonctionne concrètement.
Ce que j’exclus d’office
Avant de regarder les fondamentaux d’une entreprise, je passe par une liste d’exclusions non négociables pour moi :
- Alcool et tabac
- Armement et défense
- Jeux d’argent
- Financement à intérêt excessif (certaines banques, crédits à la consommation agressifs)
Ce ne sont pas des secteurs “mauvais” de façon universelle. C’est juste que je ne me sens pas à l’aise à l’idée d’en tirer profit. Chacun tracera sa ligne ailleurs, c’est tout à fait normal.
Ce que ça change concrètement dans mes choix
Je rate certains dividendes très généreux. British American Tobacco, Altria, des bancaires à fort rendement… autant de valeurs que les screeners me proposent régulièrement et que j’écarte sans aller plus loin.
Est-ce que ça plombe ma performance ? Honnêtement, un peu sur le papier. Mais ça n’a pas empêché de trouver des valeurs solides ailleurs : santé, technologie, consommation courante, infrastructure.
L’univers investissable reste large.
Ma méthode de filtrage en 3 étapes
1. Le secteur en premier. Je regarde le secteur d’activité principal avant tout. Si ça coche une exclusion, je passe à la suivante sans perdre de temps.
2. Le détail des revenus. Certaines entreprises diversifiées tirent une partie de leurs revenus d’activités que j’exclus. Je vise moins de 5% du chiffre d’affaires concerné. Au-delà, j’écarte.
3. Mon ressenti final. Oui, c’est subjectif. Si après l’analyse je ne suis pas à l’aise à l’idée de détenir cette action, je ne l’achète pas. Le portefeuille doit me permettre de dormir sereinement.
Ce que j’utilise comme outils
Moning.io me sert à suivre ce que je détiens et visualiser l’évolution de mon patrimoine. Pour le filtrage en amont, j’utilise les rapports annuels et les fiches valeurs, souvent 10 minutes de lecture suffisent à trancher.
Mais j’ai ajouté une habitude depuis quelques mois : je demande à une IA de m’aider à éplucher les sources de revenus d’une entreprise que je ne connais pas bien. Je lui colle le résumé du rapport annuel, et elle me sort en deux minutes les segments d’activité avec leur part dans le chiffre d’affaires. Ça ne remplace pas ma propre lecture, mais ça accélère considérablement le premier tri. Sur des conglomérats comme Berkshire Hathaway ou des holdings diversifiées, c’est franchement utile.
Je reste le décideur final, l’IA ne sait pas où est ma ligne éthique. Mais elle m’évite de passer une heure à chercher ce que je peux trouver en cinq minutes.
La vraie question
Investir avec des contraintes éthiques, ça n’a rien d’héroïque. Ce n’est pas non plus une stratégie de performance optimisée.
C’est juste une façon de rester aligné avec ce qu’on est, pendant qu’on construit son patrimoine.
Et vous, avez-vous des lignes que vous ne franchissez pas dans vos investissements ?